Un développement basé sur le respect des droits humains

Œuvrant pour la plus haute dignité humaine, l’enseignement social de l’Église fait aujourd’hui cause commune avec les Nations unies pour la reconnaissance et la réalisation des droits de l’Homme1 par les Etats à l’échelle internationale.
Après avoir, une fois encore, souligné les inégalités criantes d’un monde opulent, l’Encyclique dénonce que « nous continuons à admettre en pratique que les uns se sentent plus humains que les autres, comme s’ils étaient nés avec de plus grands droits. » (§90, p.71). Pourtant, inhérents à toute personne humaine du seul fait de son existence, les droits humains sont acquis par tous de la même manière sans discrimination et sans primauté.
Civils, politiques, économiques, sociaux ou encore culturels ces droits fondamentaux sont essentiels au respect de la dignité de chacun. En ce sens, et comme ses prédécesseurs, le pape François réaffirme également qu’« un type de développement qui ne respecterait pas et n’encouragerait pas les droits humains, personnels et sociaux, économiques et politiques, y compris les droits des nations et des peuples, ne serait pas non plus digne de l’homme ».
En effet si le développement économique et social peut permettre de garantir le respect et la mise en œuvre des droits humains et d’une vie digne (accès à la nourriture, au logement, à la santé, à l’éducation, etc.), seul un développement économique et social basé sur les droits humains peut garantir un développement équitable et durable pour tous.
En ce sens, et au titre des droits culturels, le pape accorde également dans son Encyclique une grande attention aux aspects culturels du développement, notamment à l’importance de respecter les cultures locales (§146, p.113-114) et de faire participer les populations aux décisions qui les concernent. La notion de qualité de vie par exemple, « ne peut être imposée, mais elle doit se concevoir à l’intérieur du monde des symboles et des habitudes propres à chaque groupe humain» (§ 144, pp.112-113). Ainsi, reconnaissant le caractère fondamental des droits économiques, sociaux et culturels au même titre que pour les droits civils et politiques, l’Église encourage à l’instar de nombreuses sociétés civiles nationales2 et internationales3, le respect et la mise en œuvre des conditions d’un vrai développement, au service de la liberté et de l’autonomie des individus.
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2 Rapport contradictoire de la société civile française sur la mise en œuvre des droits économiques, sociaux et culturels en France, janvier 2015. Ce rapport a été coordonné par Anaïs Saint-Gal (Terre des Hommes France).
Ethiopie, avril 2014 ©-Lionel-Charrier- / Secours -Catholique