6 mars 2017

Les inégalités face au défi écologique

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Lutter contre les inégalités est le leitmotiv de bien des mobilisations… Mais les défis écologiques obligent à renouveler la réflexion. Une tâche à laquelle s’est attelé, avec la Revue Projet, un groupe d’associations, syndicats et chercheurs de sensibilités variées. D’où un texte fort, sorte de socle commun : Repenser les inégalités face au défi écologique. Ce texte refuse d’opposer enjeux sociaux et environnementaux et a inspiré le colloque « Réduire les inégalités, une exigence écologique et sociale » (16 au 18 fév. 2017). Il s’agit notamment de toucher « nos responsables politiques [qui] ont été formés à une époque où tout reposait sur la croissance du PIB. Beaucoup restent dans ce schéma où l’écologie est encore perçue comme le « truc en plus » » [1].

Les différentes organisations impliquées considèrent que le prochain quinquennat devra marquer « dans notre pays, une étape vers un modèle de société respectueux de la planète et de ses habitants » [2]. Elles articulent leurs propositions autour de trois axes :

  • Vivre bien dans les limites de la biosphère

« Chacun ne pourra véritablement contribuer à la société que si elle lui en offre les capacités : assurer collectivement des conditions de vie décente à tous est une façon de signifier que chacun compte, et que la société compte sur la contribution de chacun. Prendre soin de la maison commune oblige à en poser et à en respecter les limites, en réduisant la ponction globale opérée par notre humanité sur les ressources de la biosphère, par des politiques de sobriété et d’efficacité. »

  • Rebâtir notre modèle social

« Une mutation en profondeur de nos sociétés sera nécessaire pour parvenir à cet « espace juste et sûr pour l’humanité », une transformation qu’il faut anticiper et accompagner pour la rendre possible et atténuer d’inévitables tensions. Sans avoir toutes les clés de la grande métamorphose à laquelle nous invite l’insoutenabilité actuelle de notre modèle, nous pouvons d’ores et déjà identifier des expériences respectueuses de l’environnement et de l’être humain, et des politiques à double-dividende social et environnemental, dans lesquelles il faut investir prioritairement. »

  • Sortir du court-termisme

« Le préalable à toute évolution vers des modèles viables et équitables est de réinsuffler du temps long dans la décision politique et la décision économique, afin de dépasser des contradictions qui peuvent paraître insolubles à court terme entre impératifs sociaux et environnementaux. Regarder à long terme ne signifie pas différer les décisions, dont certaines sont urgentes, mais recouvrer notre capacité à décider collectivement de notre avenir commun ».

Cette démarche collective suscite autant de réflexion que d’enthousiasme. Elle ne s’arrêtera pas avec les élections présidentielles et législatives de 2017. Une chose est claire : « on ne peut plus penser la justice sociale comme simple redistribution de biens et de richesses économiques, indépendamment de limites écologiques ».

Notes

[1] Jean Merckaert, « La bonne nouvelle, c’est que la solution existe ». Entretien réalisé par Marie-Noëlle Bertrand, www.humanite.fr, 20 Février 2017.

[2] Toutes les citations qui suivent proviennent du texte collectif coordonné par Marie Drique et jean Merckaert, édité par Anne de Mullenheim, Revue Projet : Repenser les inégalités face au défi écologique.

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