13 novembre 2016

Terres et action climatique : une position claire

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Clara est un beau prénom ; c’est aussi l’acronyme anglais d’une « alliance » informelle de la société civile active au sein de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) : la « Climate-Land-Ambition-Rights Alliance » (CLARA). Depuis deux ans, ce groupe d’organisations très diverses réfléchit à une meilleure prise en compte du secteur des terres au sein de la CCNUCC, convaincu que l’usage des terres (« land use », en anglais) est essentiel dans la lutte contre les changements climatiques comme dans l’amélioration de la sécurité alimentaire. Son document de position pour la COP 22 à Marrakech, où les pays doivent s’assurer que le cadre international créé par l’Accord de Paris se développe et se renforce, est paru en début de semaine en anglais [1] ; la version française est disponible ci-après. En voici l’introduction :

Les émissions de gaz à effet de serre de tous les secteurs doivent être réduites de manière immédiate et drastique pour atteindre l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C contenu dans l’Accord de Paris. À Marrakech (COP22), l’accent doit être placé sur l’augmentation des actions pour l’avant-2020. Le secteur des terres dispose d’un potentiel significatif en termes d’atténuation, aussi bien en réduisant les émissions qu’en augmentant la séquestration du carbone, sous réserve que soient reconnues les caractéristiques spécifiques des terres et les limites de l’atténuation dans ce secteur.

L’Accord de Paris souligne l’importance des principes et obligations de nature transversale qui devraient guider l’ensemble des actions relatives au climat, notamment : le respect, la promotion et la prise en compte des obligations relatives aux droits de l’Homme, y compris les droits des peuples autochtones et des communautés locales, la protection de la sécurité alimentaire et l’éradication de la faim, ainsi que l’importance de veiller à l’intégrité de tous les écosystèmes. La concurrence accrue pour les terres peut menacer ces principes.

L’action climatique dans le secteur des terres ne doit pas abaisser l’ambition de réduction des émissions mondiales. Pour atteindre l’objectif de température énoncé dans l’Accord, on ne peut se contenter de compenser les émissions et d’augmenter la séquestration dans le secteur des terres ; il faut absolument réduire les émissions des tous les secteurs.

Si l’on entend garantir que le secteur des terres contribue à l’atteinte de l’objectif de l’Accord sans risquer d’importants impacts sociaux et environnementaux négatifs, ces questions-clés doivent être traitées sous plusieurs points de l’ordre du jour de cette session de négociation [2].

N.B. Jusqu’à présent, les quatre grands items abordés dans ce document n’ont généralement pas été discutés sur le fonds par les États Parties durant cette session de négociation. Les Parties s’en sont tenues à des considérations essentiellement procédurales.

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Notes

[1] The Climate-Land-Ambition-Rights Alliance (CLARA), “Land and climate action”, Novembre 2016.

[2] À savoir : APA agenda item : 3. Guidance for emissions and removals from land use et 5. Transparency framework ; SBSTA agenda item : 11 (a) and 12: Land use in carbon markets et 7. Agriculture.

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