20 avril 2016

Accord de Paris : le réseau Caritas appelle à une action concrète des gouvernements

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A l’occasion de la Journée mondiale de la Terre, des dirigeants du monde entier se rassembleront au siège de l’ONU à New York le 22 avril 2016 pour signer l’Accord de Paris sur le climat.

Cet accord est le fruit d’un dur labeur. L’éprouvant processus de négociation a impliqué 196 gouvernements lors de la 21e Conférence de l’ONU sur le changement climatique (COP21), en décembre 2015.

Pour entrer en vigueur, l’Accord de Paris doit être ratifié par au moins 55 pays représentant environ 55 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Caritas Internationalis demande à ce que l’Accord prenne effet au plus vite et appelle les gouvernements du monde entier à ne pas repousser la ratification. Ils doivent procéder rapidement, avec détermination, et mettre en conformité leurs législations nationales.

Cet accord historique marque, de par son universalité, un changement par rapport aux précédentes négociations sur le climat,. Il établit les normes internationales dans la lutte mondiale contre les changements climatiques pour les décennies à venir.

Son message est clair : le changement climatique est une menace réelle pour notre planète et seule une coopération cohérente entre tous les pays pourra limiter ses impacts sur les populations.

Il est temps de passer aux actes

D’après le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la décennie 2000-2010 est celle durant laquelle les gaz à effet de serre ont le plus augmenté depuis le début de la révolution industrielle.

La sonnette d’alarme a été tirée depuis longtemps. Il faut maintenant espérer que chacun se réveille et s’engage enfin pour sauver notre planète. L’ensemble des Caritas suivent les négociations sur le climat depuis plusieurs années. En prévision de l’Accord de Paris, et depuis la COP20 de Lima, nous avions intensifié le dialogue politique avec les gouvernements et les agences de l’ONU. Nous avons contribué aux débats avec une vision ancrée dans les valeurs de justice, de solidarité, de soin de la création et d’attention aux plus pauvres.

Nous avons été très inspirés par la vision du Pape François exprimée dans sa lettre encyclique «Laudato Si’ », sur la sauvegarde de notre maison commune», dans laquelle il nous invite à une conversion écologique . Une délégation des organisations Caritas de quatre continents a participé à la COP21 pour porter la voix des plus pauvres et des communautés les plus vulnérables à la table — technocratique — des décideurs politiques.

Une avancée, certes timide, mais une avancée

Pour Caritas, l’accord final aurait dû s’attaquer plus fermement aux causes structurelles du changement climatique et offrir des garanties plus solides aux communautés démunies qui souffrent déjà des effets du changement climatique. L’accord aurait dû demander une transformation du modèle économique prédominant guidé par le marché et proclamer le début d’une nouvelle ère, dans laquelle le développement se ferait dans le respect de l’environnement et de l’humanité.

L’Accord de Paris n’a pas réussi à engendrer un changement aussi radical, mais il fait tout de même un pas dans la bonne direction.

Parmi les aspects positifs de l’Accord, notons l’objectif à long terme de limiter le réchauffement climatique «nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels» et l’engagement à «poursuivre l’action menée pour limiter l’augmentation des températures à 1,5 °C».

Mentionnons également le mécanisme de révision tous les cinq ans qui, s’il est rigoureusement appliqué, permettra progressivement de réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre. Les pays développés se sont vus confier une plus grande responsabilité dans la lutte contre le changement climatique tandis que les pays en développement et les moins développés ont vu leurs besoins spécifiques reconnus. L’intérêt de la participation des peuples autochtones et de la prise en considération de leur savoir dans les programmes d’adaptation sur le terrain a été reconnu.

Parmi les points faibles de l’Accord de Paris : il reste un écart entre les objectifs fixés en termes de réduction des émissions de GES et les plans d’actions nationaux , il ne contient aucune garantie contraignante de respect des droits de l’homme, d’utilisation respectueuse de des sols, ou encore de protection de la sécurité alimentaire. Il n’aborde pas non plus les problèmes de consommation ou le commerce international, il ne fait pas cas du trafic maritime et aérien et reste très vague sur les mesures financières dédiées à l’adaptation. Enfin, il s’appuie sur des technologies qui absorbent les émissions plutôt que de jeter les bases d’un abandon rapide et efficace des énergies fossiles, ce qui risque d’impacter les plus vulnérables au lieu de réorienter les investissements vers la transition énergétique.

Un accord international historique, une chance à saisir

L’Accord de Paris a beau ne pas être la réponse idéale, il reste le seul instrument international en matière de lutte contre les changements climatiques aujourd’hui et il constitue la base des politiques nationales à venir.

En tant que cadre international, l’Accord doit être mis en place dans des plans d’action nationaux de lutte contre les changements climatiques, qui devront prendre pleinement en considération les plus vulnérables et promouvoir les droits de l’homme. Les organisations membres du réseau Caritas s’engagent à sensibiliser les populations de leurs pays respectifs et à dialoguer avec leurs gouvernements, afin de contribuer à la coordination des efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique et protéger l’humanité et notre planète.

Nous saluons l’ouverture de la ratification de l’Accord de Paris à l’occasion de la Journée de la Terre. Mais nous rappelons que le vrai travail ne fait que commencer.

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