10 décembre 2015

Urgent : défense des droits de l’Homme !

Sufia et son mari, parents de 3 enfants, ont dû quitter leur village de Betagi après le passage du cyclone Sidr en 2007 où la vie était devenue impossible. Ils se sont installés dans le bidonville de Refugee Colony Road. Caritas sensibilise les habitants de ce bidonville sur l’accès à la santé ou à l’éducation et sur les droits humains.

ECO, la lettre quotidienne des quelque mille organisations travaillant au sein du Résau Action Climat international (CAN, Climate Action Network), publie aujourd’hui un nouvel article en cette journée internationale des droits de l’homme. Un nouveau texte d’Accord doit sortir dans la journée et il pourrait sembler évident que les États s’engagent à respecter, protéger, promouvoir et réaliser les droits humains dans toute action de lutte contre les changement climatiques. Cette option, bien que fortement poussée par différents certains Etats  doit absolument être conservée.

Journée internationale des droits de l’Homme

Il y a soixante-sept ans aujourd’hui, la communauté internationale s’est réunie à Paris pour signer la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Ce document historique, et les traités qui en ont découlé, énonce les droits de base qui sont essentiels pour que toutes les populations mènent une vie digne, ce qui inclue les enfants, les peuples indigènes, les travailleurs, la promotion de l’égalité de genre, et la garantie de la sécurité alimentaire dans le monde entier. Les ministres et secrétaires rassemblés ici doivent respecter cet héritage. Qu’aujourd’hui soit la journée où les pays agissent pour protéger les populations contre les impacts des changements climatiques sur les droits de l’homme et pour promouvoir qu’on peut y apporter. Intégrer la question des droits de l’Homme dans la lutte contre les changements climatiques contribue donc à protéger les droits de ceux qui sont les plus affectés par ses lourdes consé- quences. Aujourd’hui, un groupe de pays mené par le Mexique, le Chili, le Costa Rica, les Philippines et le Pérou est en train de montrer la voie sur ces problèmes. La société civile appelle donc les ministres à agir maintenant pour protéger les populations les plus vulnérables et les moins responsables des effets des changements climatiques.

Comment sécuriser la protection des droits de l’homme dans l’accord

1. Intégrer des références transversales sur les droits de l’homme dans le texte opérationnel de l’accord. 2. Enoncer tous les éléments du paquet solidarité : les droits des peuples indigènes, l’égalité de genre et la participation pleine et égale des femmes, l’équité intergénérationnelle, une transition juste pour la population active qui crée des emplois décents et de qualité, l’intégrité et la résilience des écosystèmes et la sécurité alimentaire.

ECO a récemment publié deux articles consacrés au droits de l’Homme. Et pour cause ! Au moment même où l’on s’apprête à célébrer la DUDH, il pourrait sembler évident d’intégrer ces éléments de langage dans le volet opérationnel de l’Accord.
Cette option, bien que fortement poussée par différents certains Etats (Mexique, Costa Rica, Chili, Philippines, Canada), encore sur la table des négociation le vendredi 3 décembre, doit absolument être conservée. Elle est fortement débattue depuis plusieurs jours, et très fragilisée aujourd’hui, notamment parce que l’UE ou la Norvège ne lui apportent pas le soutien qu’on pourrait en attendre. Les droits de l’Homme pourraient être simplement relégués dans le Préambule de l’Accord, voire supprimés… La CCNUCC fera-t-elle mentir Hollande qui déclarait en novembre 2014 : « lors de la COP21, la France va accueillir tous les pays [du monde] pour une nouvelle étape des droits humains »? Les articles suivants permettent de creuser un peu cette question clé.

La Norvège, fossile des droits de l’Homme

« Parfois, même pour les pays les plus engagées, les arbres cachent la forêt. La Norvège en particulier, qui prétend être championne en matière des droits de l’homme, refuse d’inclure certains mots dans l’article 2, qui pourtant pro- tègeraient les droits humains. Parmi ces mots, on note : les droits des peuples indigènes, l’égalité des sexes, l’équité intergénérationnelle, une transition juste, la sécurité alimentaire et l’inté- grité des écosystèmes. La Norvège et les Etats-Unis pré- tendent que ces points n’ont rien à voir avec l’objectif de l’Accord de Paris. Quel retour en arrière depuis le pro- gramme intégré adopté en septembre à New York ! Comment les gouver- nements peuvent-ils espérer éradiquer la pauvreté, promouvoir une justice sociale et résoudre la crise climatique s’ils refusent d’adopter une approche cohérente ? Au lieu de cela, ils suggèrent que les droits de l’homme ne soient pas un principe global. Dites-nous, Norvège et Etats-Unis : quel aspect de la politique climatique ne concerne-t-il pas les droits de l’homme ? »

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L’appel aux droits

« ECO a apprécié entendre les visions du nouvel accord proposées par les différentes États, et particulièrement ceux qui ont souligné la nécessité d’un accord qui prenne en compte les Droits humains, y compris les droits des peuples autochtones. ECO a aimé entendre des États dire qu’un accord de Paris ne serait efficace que s’il prenait racine dans l’égalité des sexes et l’équité intergénérationnelle, l’assurance de la sécurité alimentaire, l’inté- grité des écosystèmes et une transition juste avec des emplois décents.Les Philippines, le Chili, le Costa Rica, le Mexique et d’autres (y compris le Canada dont on salut le retour !) ont rappelé que les droits humains sont au cœur de la CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies). Ces quelques champions travaillent concrètement à engager d’autres pays dans cette voie et contribuent à dessiner une vision partagée et positive de l’avenir. Mais ECO est déçu que d’autres pays ne souhaitent pas être les champions des Droits de l’homme et qu’ils aient affirmé que les Droits humains étaient ici non applicables. Ces Etats non-champions refusent d’admettre qu’un accord négligeant les Droits de l’homme aurait du mal à obtenir le soutien collectif nécessaire pour sa mise en œuvre. ECO ne veut croire que l’UE ne soit pas fortement attachée au respect des principes des Droits humains. Pourtant, jusqu’à présent, celle-ci a évité d’exprimer ce souhait de manière non équivoque dans les mentions applicables. Face aux nombreux pays champions déjà debout pour défendre ce sujet, combien de temps faudra-t-il encore avant que l’UE se ressaisisse et rejoigne les pays progressistes ? Etant un acteur clé dans cette discussion, il est probable que l’UE ne veuille s’abaisser à prendre partie alors que le sort de ces principes cruciaux est décidé. A L’instant où nous parlons des non-champions, ECO souhaite adresser un message à l’Australie, à la Nouvelle-Zélande, à la Suisse et aux Etats-Unis. Nous nous demandons si vous allez suivre le sursaut de conscience qui touche le Canada ou si vous allez vous diriger dans une voie beaucoup plus sombre. »

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